Double peine
Entre novembre 2020 et février 2021, cinq photographes de l’agence française Myop se sont rendus chacun dans un pays différent dans le cadre de la campagne #SaferTogether (“plus en sûreté ensemble”) de la Commission européenne, afin de documenter la vie de personnes déplacées pour qui la pandémie de Covid-19 agit comme une double peine. […]
La pandémie les a plus que jamais isolées de leur pays ou de leur région d’origine et même de ceux d’accueil. L’économie informelle, qui contribue le plus souvent à leur survie, est à l’arrêt. L’accès aux ressources de base est menacé.
Devant cette situation, l’Union européenne (UE) a renforcé sa politique d’aide internationale pour lutter contre le coronavirus et répondre aux besoins humanitaires et sanitaires d’urgence. […] Dans ce cadre, elle a passé une commande photographique à l’agence Myop pour informer le grand public et les Etats membres de la réalité sur le terrain, et faire comprendre l’importance de l’engagement des Vingt-Sept. Les cinq photographes de Myop ont chacun choisi une destination hors de leur zone de prédilection. […] Avec l’objectif commun de porter un regard neuf sur une situation dramatique et insolite.
“Au Bangladesh, des centaines de milliers de réfugiés rohingyas vivent une situation paradoxale : ils sont enfermés et sans droits mais plutôt bien protégés du Covid-19. En janvier, […] je me suis rendu [dans le sud-est du pays, au] méga-camp de Kutupalong, entouré de clôtures et de barbelés. Près d’un million de Rohingyas – dont la moitié sont des enfants – y ont trouvé refuge après leur exil forcé et massif de Birmanie en 2017, où cette minorité musulmane était persécutée par l’armée.
[…] La majorité des exilés dans le camp [dépendent] à 100 % de l’aide alimentaire. Si, d’un point de vue sanitaire, la situation est restée sous contrôle, la crise économique qui en découle met en péril cette communauté marginalisée et rejetée.”